Toute l’oeuvre de Nath-Sakura fait référence – à travers même celui de « modèles » – à son propre corps, qui s’engage dans un processus unique de création évoluant dans le temps. Elle le met dans l’épreuve de son désir de transformation comme la tentative de transgression d’un nouvel humanisme.
Nath-Sakura ne prétend pas aborder la question du sacré du corps d’un point de vue théologique ou psychologique. Elle opte pour une approche sensible, esthétique, personnelle, intuitive et subjective basée sur une dynamique de recherche et de découverte.
Elle engage le corps « publiquement » dans un rituel de métamorphose qui devient par analogie le symbole de la « pierre vivante » , image par excellente de la survivance. Il y a là un « Inside-Out » où l’étoffe même du corps à travers son regard pose une interrogation sur la relation à l’Autre. Ici, se situe toute la question du corps animal et de sa dissemblance à l’image de Dieu… La lutte entre les corps et le Corps, entre l’Esprit et les esprits, dans un désir de réconciliation des genres et des sexes. Ses « modèles » deviennent voyeuses des voyeurs dans l’intimité de la sexualité féminine. Il s’agit d’une célébration du corps féminin, d’un hommage à la peinture, un hymne à la plénitude de la vue selon les principes de « la survivance et de la plasticité du temps » (Didi-Huberman).
À travers cette recherche, les réels enjeux demeurent le corps, sa perception, ses identités et ses multiples définitions. À travers ses photographies Nath-Sakura tente de rassembler divers imaginaires par la mise en corps de votre vécu. Le corps et son sacré. Les deux formant une seule et même substance qui s’exprime.
Nath-Sakura explore le corps comme sujet de mutation. Elle invite le spectateur dans son univers où un sacré s’exprime par le corps. Dans sa pratique de la photographie action, le corps devient objet du « peindre ». Symbolisé, mise en scène, métamorphosé, il devient une image au-delà de l’image, une image cherchant le sens de la Présence (George Steiner, Réelles présences. Les arts du sens). Il devient par ses mises en scènes et ses « costumes » un univers des symboles qui permet d’illustrer des vérités abstraites ou encore lointaines. Ses typologies ont le pouvoir mystérieux de « transformer le corps physique, vulgaire, en corps qui porte et supporte le mystère » (Didi-Huberman, Fra Angelico, Dissemblance et Figuration). Ses « incarnations » peuvent être considérées comme un mystère du corps et de l’Esprit.
Le travail de Nath-Sakura se présente sous la forme d’un récit de vie. Elle explore un monde subjectif où la connaissance se construit sur l’expérience personnelle acquise par son histoire et ses connaissances esthétiques. Il n’y a ici rien de scientifique, ni de démontrable. Il n’est pas question d’élaborer de grandes théories théologiques, philosophiques ou psychanalytiques. Sa recherche est là pour envisager corps et esprit, masculin et féminin inter-reliés et co-dépendants. Le corps, le symbolisme et l’actualisation rituelle participent au même mystère, à la même sacralisation de la vie. Son œuvre tente de percer ce mystère dans un processus de dématérialisation de l’objet d’art et du corps qui place son acte d’artiste au rang d’oeuvre.
Yves Klein a ouvert une fenêtre sur la question. Le sérieux de ses recherches sur « la présence de la sensibilité picturale à l’état matière première » pose des assises solide à la pratique de l’art action qui peut illustrer le début du projet de recherche de Nath-Sakura. Il existe chez elle une possibilité de construire un concept objectif sur la subjectivité des croyances et sur l’engagement du corps dans le processus de réflexion et de création.
L’expérience de l’art peut-il changer le corps ?






c’est pour tout ça que je t’aime, toi !!!
Oui je crois que cela peut changer le corps ainsi que l’âme, elle change notre regard sur le » soi « …c’est une expérience qu’il faudrait que chacun approfondisse…et c’est aussi le pourquoi le travail de Nath S me parle tant…