Voici l’autopsie d’une photo très ancienne, réalisée avec la divine Dorine, dite Piec-I-Doll, avec qui Nath-Sakura a énormément travaillé, pendant une période hélas trop courte. La jeune modèle ayant décidé d’arrêter brusquement la photo.
Comme on le voit, il s’agit d’une représentation de la Vierge Marie. Pourtant, à la différence de l’imagerie traditionnelle, où le visage est montré de 3/4 face, généralement les yeux fermés, mi-clos ou le regard distant, ici, la Maria regarde le spectateur droit dans les yeux, avec fierté, les sourcils froncés, comme dans un accès de colère. Avec, selon l’angle, du dédain, ou une invite.
D’habitude, Marie est montrée comme une femme évidemment pure, évidemment chaste, évidemment soumise, au regard anxieux et plein d’amour quand pourtant, pour les Chrétiens, elle est « mère de Dieu ». Et devrait donc être représentée comme Nath-Sakura le fait : fière, énergique, méditerranéenne, force de vie et de protection, et feu sacré de la liberté. C’est le parti prix de l’artiste que nous défendons sur ce blog.
Par ailleurs, la Vierge Marie n’est généralement représentée avec un sein visible que lorsqu’elle nourrit l’enfant Jésus. Ici, ce dernier n’est pas présent. Ce sont des fleurs qui jouent son rôle. Car le parti est, comme souvent dans le travail de l’artiste, de se passer de l’homme. Car après tout, Marie est toujours représentée dans son lien à son fils et à Dieu. Éxultante dans l’annonciation, bouche bée et écrasée d’honneur dans la nativité, maternelle et anxieuse ensuite, confortable et repue dans les Noces de Cana, éplorée dans la crucifixion et dans la Descente de croix, mais toujours aux côtés de son fils.
Mais rien, jamais, sur « Marie la femme ». Celle qui ne subit pas, et affronte au contraire les gens et les choses. Parce qu’on imagine qu’il faut quand même une sacrée dose de courage et de force pour vivre tout ce que nous raconte d’elle les Evangiles. Ici, les fleurs, peuvent être à la fois l’éclosion de la féminité, l’explosion de la liberté, ou la gerbe qu’on va mettre sur une tombe, fusse-t-elle de celui dont on vient d’être séparé. On le voit, ce cliché parle d’un tournant, d’une séparation, d’une cassure, et d’un deuil qui fait renaissance.
L’archétype de la Vierge Marie dans sa signification post-moderne, son destin absurde, tout fait écho à ce propos.
On peut cliquer sur la photographie pour l’agrandir. On peut aussi acheter ce tirage en cliquant ici.






Merci, un grand merci !!!
Comme Nathalie, Merci. Je regarde cette photo depuis un moment en sachant qu’il y a quelque chose de fort. Mais j’étais toujours passé à coté. Merci Nath’ pour ce faisceau de lumière.
Dire que je pensais à un hommage à Frida Kahlo…