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Des galeristes intelligentes et ouvertes…

Ca a plutôt bien commencé. Un coup de fil, les deux galeristes de We art Together semblent compétentes, motivées, ouvertes aux arts underground et me donnent l’impression de comprendre ma démarche artistique. « Ca fait sens ! » affirment-elles en ne cessant d’encenser mon travail et mon « courage ». D’ailleurs, la dénomination de la galerie, qui se présente comme la « première galerie d’art transculturelle internationale en e-commerce« , me convient bien. Elle semble sortir des cadres habituels des égos de galeristes bornés, petits-bourgeois, plus épiciers qu’amateurs d’art.

Je n’ai guère l’habitude de travailler avec des galeries en ligne, et j’avoue que quand mon agent m’a mis en contact avec celle-ci, je n’avais pas compris que c’était un espace virtuel. J’aurais dit non, si je n’avais pas été immédiatement séduite par les deux galeristes au téléphone. Mal m’en a pris.

9 septembre
Quelques jours après notre conversation téléphonique, je reçois cet e-mail, confirmant mon opinion.

« Nous tenions à vous exprimer encore à quel point nous serons enchantées de défendre dès novembre votre travail d’artiste, esthétiquement autant que sémiologiquement brillant, puissant, et sans cesse renouvelé. »

On verra plus tard, que mon travail est « sémiologiquement brillant » seulement pendant le temps où il est « sexy et glamour« … On ne rit pas.

13 septembre
Je prends ma plus belle plume pour répondre.

« Pour l’exposition elle-même, j’ai réfléchi à la proposition suivante. Il s’agirait d’un  « Avant/Après ». L’idée serait de présenter dix tirages que j’ai réalisé avant mon « saut de l’ange » et onze de mon « après ». Ces derniers seront réalisés entre le 15 septembre et le 15 octobre (l’échéance est courte mais c’est dynamisant).
L’intérêt artistique, c’est de se servir de cette présentation comme d’une charnière entre mes travaux passés et futurs, et de donner ainsi du sens à l’ensemble de mes présentations. La dernière exposition (Marseille) s’appelait Everything lust go (un jeu de mot entre « tout doit disparaitre » et le « lust » (désir) et racontait justement mes derniers pas au bord du précipice. Qu’en pensez-vous ? »

Une petite parenthèse avant que vous n’alliez plus loin, pour que vous compreniez bien quel est l’enjeu. Ma principale préoccupation artistique, depuis ma vaginoplastie, le 16 juin dernier est de découvrir en moi comment, par la transformation totale de mon corps, j’interprète mes sensations et mes sentiments. Toute mon oeuvre depuis 5 ans tourne autour de ça : montrer comment la sensibilité artistique se transforme, comment elle évolue au gré de mes transformations hormonales et physiques. En somme, d’arriver à décrire à travers mes photographies, comment la sensibilité et l’image évolue en fonction du sexe de l’observateur. D’arriver à extraire les invariants, les données fondamentales de l’étonnante expérience que je vis depuis 2004. C’est donc, sans idée préconçue, que j’aborde naïvement la nouvelle phase de ma photographie. Justement en n’intervenant pas sur les « images qui doivent sortir », sans quoi l’expérience deviendrait invalide…

14 septembre
La réponse des galeristes ne se fait pas attendre.

« C’est un plaisir d’initier une collaboration avec vous. Et le fait que vous meniez de front photo-reportages et photographies d’art m’apparaît comme très nourrissant.
Votre idée nous semble excellente (…) Je me permets de vous dire que je vois dans votre projet artistique non pas une dualité mais une affirmation, un EGO SUM personnel devenu artistique grâce à vos qualités. (…) Votre oeuvre est forte, elle fait immédiatement sens. Et sans soustraire à l’autonomie de l’oeuvre ni à l’imaginaire spectatoral, tout ce qui permet de contextualiser votre travail est intéressant (choix d’un site, d’un modèle, captation et construction d’un moment, etc). »

On se rendra compte plus loin que si le photo-journalisme est souvent violent et rarement « sexy et glamour », ma principale erreur sera précisément, comme on le verra plus loin, d’avoir mélangé mes deux manières de travailler…

15 septembre
Je réponds à la volée.

« Le titre « avant/après » est évidemment provisoire, il servait juste à expliquer l’idée globale de la dynamique d’exposition que je vous proposais. Après le titre peut être un manifeste façon « ergo sum » (mieux qu’un banal « ego » :) , on peut envisager plusieurs angles. Je connais mal la clientèle qui peut passer sur votre site, et en conséquence j’avoue ne pas trop savoir dans quelle direction construire un discours qui puisse la séduire. »

18 septembre
Les galeristes semblent enthousiasmées par mon idée. Même si, comme je leur ai dit, les photos à venir seront « radicalement différentes » de ce que j’ai fait jusqu’à présent.

« Je vous propose que nous utilisions la dichotomie de la présentation Avant/Après (dans l’esprit, l’articulation, vous avez raison, « ergo » de Ergo sum est plus forte que l’itératif Ego sum ; titre naturellement indicatif) pour introduire peut-être un clivage constructif quant au support d’impression. Il me semble important que le volet antérieur bénéficie d’un nouvel éclairage apporté par une novation du support.« 

20 septembre
J’ai réalisé ma première séance avec l’excellente Wanahea dans la semaine, quand je réponds aux galeristes. Je suis très satisfaite du résultat. Qui me trouble parce que j’y reconnais des caractéristiques radicalement nouvelles, ce qui apporte de l’eau au moulin de ma démonstration artistique. Et prouve aussi à quel point ma Renaissance est complète, puisqu’elle se manifeste aussi dans un travail complétement nouveau : en changeant le corps on change radicalement l’âme. J’envoie donc un message et ma nouvelle photographie dès qu’elle fut vidée de la carte mémoire.

« Pour ce qui concerne les photos réalisées avant mon « saut métaphysique », j’aimais bien l’idée d’employer le vinyle ou n’importe quelle matière plastique pour son aspect factice et artificiel, qui rejoint bien l’idée que je me fais de moi-même dans cette période dénaturée et mensongère de ma vie. Quant à « l’après », le canvas, le lin ou n’importe quelle matière « naturelle », me semble judicieux. Cette échange entre les matières peut donner un sens supplémentaire à l’exposition, en « cassant » jusqu’au fond de la matière les deux périodes.

Pour ce qui est essentiel, j’ai recommencé à produire, et il est manifeste qu’une nouvelle voie se dégage, même s’il reste encore quelques traces du passé, mais la transition me semble rapide. Je mets en pièce jointes quelques clichés réalisés avant-hier. J’imagine que leur signification et leur importance dans ma démarche vous paraitront clairs. Une douzaine de séances sont programmées, je vous enverrais prochainement les dates pour que vous puissiez décider, par rapport à vos propres contraintes, de la date de votre venue. »


Et voilà l’une des photos que j’envoie… J’ai travaillé comme je le fais pour la presse. Sans filet. Pas de make-up, une lumière naturelle, quasiment aucun artifice à l’exception du cadre doré que tient la modèle. J’essaie de saisir l’instant du rire que j’ai demandé à ma modèle. J’ai enfin réconcilié mon travail de photo-reporter et mon travail d’art. Je suis heureuse. Erreur fatale.

29 septembre
Curieusement cette fois-ci, la réponse des galeristes se fait attendre. Et elle me révolte, tant elle met en évidence le fait que celles-ci n’ont rien compris à ma démarche. Et qu’elles se sont intéressées en réalité seulement au côté mode-glamour de mon travail. Sans en saisir la profondeur et surtout, la dynamique.

« Nous avons pu découvrir vos nouvelles photos ; tout en comprenant parfaitement votre démarche, vos bouleversements, l’importance de leur signification dans votre vie, nous adhérons moins. Il y a quelque chose de trop manifestement et de trop  frontalement provocateur dans ces nouveaux clichés, dont je ne doute par de l’essentialité pour vous.
Mais moi, en tant que femme (c’est Brigitte cette fois qui s’exprime), je ne me retrouve pas et je ne retrouve pas l’ambiguïté glamour, hypersexy, des précédentes photos. J’aimais la grâce, l’élégance des précédentes, qui avaient un sens et étaient réellement interpellantes.
J’ai le sentiment que la provocation l’emporte, quelque chose de cru – trop à mon goût/ou selon ma sensibilité – sur la beauté des photos. Ce qui me dérange, pour être très franche, c’est que les dernières puissent être récupérées et mal interprétées par un public masculin sans recul critique.
J’espère que mes propos ne vous heurteront pas, ce n’est pas le but et n’est qu’une opinion. La « transition » que vous vivez de cet « après » est probablement toujours à l’oeuvre et je ne doute pas que d’autres clichés à venir nous enthousiasmeront. »

Je réponds immédiatement. Un peu « brut de décoffrage », mais je suis Catalane et scorpion, on ne se refait pas.

« Désolée, ce que je décris actuellement n’est ni glamour ni sexy, il est un cri, celui d’une survivante au milieu du chaos.  On peut décrire un viol en y mettant des petites fleurs : moi je préfère le montrer dans sa réalité, au milieu des cendres et des ruines.
Quant au regard, je me demande comment vous, qui êtes une femme parleriez d’une stérilisation forcée, comme c’est le cas pour que les femmes comme moi puissent avoir un état civil.  Ma démarche artistique porte une signification, elle n’est pas un produit emballé, étiqueté et formaté. »

Les galeristes répondent dans la journée

« Croyez bien que nous ne voyons dans votre oeuvre ni produit ni provocation gratuite. L’Art, fabuleux cortex qui relie subtilement les hommes entre eux, est cependant aussi affaire de ressenti (…) Mais à aucun moment nous n’avons pensé ou voulu vous blesser.

Dans votre premier volet, le « glamour » – piste narrative que nous percevions comme très ironique – avait l’indéniable « avantage » de rendre apparente et tangible une double critique sociologique (utilisation de la femme, récupération assez spécieuse du corps de la femme par la pub haut-de-gamme) et une critique plus individuelle, plus intime, se dessinant en contrepoint, au sens où nous intimant à interroger la notion d’ambiguïté, le choix ou non-choix d’un sexe, puis d’affirmation en toute conscience.
Car au fond le vrai glamour, loin très loin du produit et de la vénalité, c’est que toutes les femmes, en dépit des épreuves, des embûches, l’âme des femmes que vous avez photographiées était belle, leur corps aussi.
(NDLR : Wanahea sera heureuse d’apprendre que la sienne est moche). Votre mise en scène picturale des différentes gélatines, outre la dimension esthétique, permettait d’historier, d’ancrer dans un temps plus lointain l’histoire de l’asservissement de la Femme, des femmes.

En revanche, notre réceptivité toute subjective et nécessairement subjective qu’elle soit, ainsi que notre franchise, nous a conduites à vous exprimer très tôt que nous étions moins à même de défendre ce deuxième volet si ce que nous apercevions de votre projet artistique devait vous mener vers une épure qui pourrait être interprétée à rebours des sèmes et de la saine violence critique que ce projet enferme. Il s’agissait d’un aperçu. Peut-être était-ce prématuré. Vous admettrez qu’un même spectateur peut soutenir Munch ou Bacon et moins Lucian Freud, ou l’inverse. Voire rejeter la période bleue de Picasso et Murakami à Versailles sans avoir besoin d’être jugé.

Nous avons l’une et l’autre autant que vous-même horreur des étiquettes et de l’hypocrisie. Et nous essayons de céder le moins souvent possible à la facilité.
Votre réponse – que je comprends tout à fait – est, disons, vigoureusement intransigeante. Au-delà de nos vécus respectifs, et le nôtre n’est peut-être pas aussi consensuel que vous pouvez le supposer. Nous ne sommes manifestement pas les plus à même de promouvoir votre travail, et ce, alors que nous le soutenons, sans que cela remette en cause la force de votre travail non plus que la pertinence de nos choix. »

Visiblement, je les ai vexée. La prolixité de leur justification en témoigne. J’essaie d’aplanir un peu, ce qui me semble alors, un simple malentendu.

« Ce n’était pas une fin de recevoir, juste une façon de « poser » mon propos. J’ai bien l’intention de travailler avec vous, mais je souhaite que ça soit, pour de bonnes raisons de part et d’autre. Pas parce que je fais de « jolies photos ». »

5 octobre
La dernière réponse de la galerie arrive enfin. Et clot le chapitre pour moi.

« Compte tenu de la teneur de nos derniers échanges, je vous confirme que nous en resterons là de notre projet de collaboration. Je le regrette d’autant plus que nous apprécions et reconnaissons la qualité de votre travail. »

Conclusion et moralité

J’ignore ce que vous aurez compris de cet échange. Et je suis extrêmement désireuse de lire vos avis. Pour moi, il me semble, avec le recul, qu’il y a eu un véritable quiproquo. Les galeristes cherchaient quelque chose de « vendable », donc pas trop dérangeant, « sexy et glamour », et étaient ravies à l’idée, à peu de frais, de vendre l’histoire sulfureuse et underground d’une femme transsexuelle photographe, qui émoustillerait le bourgeois, mais sans que les photos soient trop violentes. Moi, de mon côté, je me contentais de suivre l’inclinaison où me menait ma photographie.

Il ne me reste maintenant qu’une bête déception, après avoir cru enfin tomber sur des galeristes intelligentes, engagées et ouvertes.

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19 commentaires
Commentaires
“Des galeristes intelligentes et ouvertes…”
  1. Sylvain dit :

    effectivement apparemment les galeristes ne cherchaient, je pense, dans tes nouveaux travaux que de nouvelles oeuvres grand public, qui auraient pu se vendre comme des petits pains en leurs juxtaposant ton histoire…
    A la base ces derniers ne se sont qu’arrêtés naïvement à « un coup d’oeil furtif » qui d’emblée leur à glissé à l’oreille « tiens ces photos de mode, on un truc que nous n’avions pas encore vu…hum c’est intéressant »

    Bon je ne sais si tu arrives à suivre mon raisonnement, je suis un peu brouillon ces derniers temps…

  2. Ariane Wolteche dit :

    Lu… difficile pour un artiste de voir que l’importance et l’essentiel de sa démarche ne soit pas comprise, mais interprétée, et en partie seulement… Cela dénature l’ensemble.

  3. Gilles Eichenbaum dit :

    A mon sens tu as déjà la bonne réponse, ta conclusion est malheureusement juste. 90% des galeristes français sont à l’art ce que les marchands de papier sont à l’édition, ce que le kinésithérapeute est à la cardiologie, ce que l’attachée de presse est au PDG de la boite…

  4. Hvedrung Laymore dit :

    Leur réaction me semble absurde… Surtout pour une composition aussi complexe que celle de l’arbre. la réflexion sur « un public masculin non averti » pourrait se traduire par « ces mecs qui ne pensent qu’avec leur queue », et pour des gens qui travaillent dans le milieu artistique, formuler ce genre d’idée est impardonnable. Quand on propose à un artiste d’exposer, ça n’est pas pour fractionner son travail, on le prend tout d’un coup ou pas du tout.

  5. Loïc Paul Potier dit :

    Oui un énorme quiproquo je pense … N’ayant pas de formation artistique et plutôt « ours » je te donne mon interprétation perso !
    Je pense en effet que ces galeristes cherchaient un produit à vendre et que l’artiste auteur de ce travail était… un argument de vente … Le beau discours du début laisse place à un malaise quand tu envoies une photo de la nouvelle série … Qui soit dit en passant ne me choque pas mais ou je trouve une atmosphère post-apocalyptique avec l’idée d’un monde en reconstruction. Ils n’ont rien compris à ton sur ce coup.

  6. Mat Xenashura dit :

    A mon très humble avis, il ne s’agit même pas de quiproquo mais de prétexte: je ne pense pas que le second pan de vôtre œuvre puisse réellement moins leur plaire, d’autant qu’il ne me paraît pas du tout plus provoquant que le premier, certe…s différent, mais certaines photos d’ »avant » sont tout aussi « crues », certes, certaines se rapprochent plus du côté lisse et glamour de la fashion icon fetish, mais vu le niveau culturel et intellectuel certain des galeristes, je ne pense pas qu’elles aient pu EN TOUTE SINCERITE juger l’ »après » sur une photo, ni la juger plus crue ou plus violente que certaines de l’avant… leur argumentaire ne tient pas et leur hâte d’en finir et de mettre un terme au projet est évidente… je pense, au risque de m’avancer un peu, qu’un autre problème est survenu (manque d’argent, pressions externes etc…) et qu’elles ont tenté de sauver la face en ne l’avouant pas et en cherchant à justifier un refus sans trrop vous vexer et sans avouer leur propre échec… ça n’est qu’une hypothèse, mais je ne crois pas en la sincérité de leur jugement.

  7. Irrésistible Et Vulnérable dit :

    Simplement que ta démarche et ton travail trouveront ailleurs le bon écho et qu’il vaut mieux traverser des périodes d’incompréhension que de soumission artistique.

  8. Julie de Lyon dit :

    Ben merde… C’est dommage ça.
    C’est sûr, pas facile de concilier le côté artistique et commercial dans ce milieu.
    Mais bon je trouve surprenant qu’on puisse prévoir à l’avance les goûts et les couleurs des acheteurs. Pour moi, quand on soutient une artiste, on soutient son oeuvre en entier, mais bon c’est un milieu que je ne connais pas, donc j’ai du mal à comprendre. Surtout qu’ils ne peuvent pas juger ton « après » en fonction d’une image qui les « dérange », je ne sais pas.
    Enfin continue à faire ce que tu aimes et comment tu ressens les choses. Si c’est pas celle là, d’autres galeries se bousculeront pour exposer ton oeuvre.
    Plein de bisous

  9. Nathalie Nouth dit :

    Malheureusement, ma conclusion est la même que la tienne …. du sexy du glamour avec un petit rien de sulfureux pour attirer les foules … Ton « après le saut de l’ange » ne leur convient pas et ne va pas dans leur démarche commerciale. essentiellement commerciale. L’artistique est secondaire. Surtout bonne continuation sur ton chemin de vie. Bisous.

  10. Chronos dit :

    Hummm… que de belles phrases bien tournées, mais j’ai toujours dus mal avec les compliments à profusion et passage de pommade interminable. Ca sens toujours le roussis…
    Bon il faut dire que je connais absolument pas les codes du milieux artistique, étant moi même dans un milieux que je qualifierait de « radicalement opposé », je n’ais pas du tout était habitué à ce type de langue de bois.
    Mais d’après ce que j’ai compris, ils ne cherchent qu’un type d’œuvre avec une « esthétique visuel » facile à vendre et « politiquement correcte » pour leurs clientèle, sans comprendre réellement le sens de l’œuvre. Ce qu’elles n’ont pas compris, et là, je trouve que c’est grave pour des personnes qui sont censées être des pros dans le milieux du ’tistique, c’est l’impasse totale qu’elles font sur les sens cachés et la symbolique qui se cache en arrière plan de tes œuvres.
    En gros, tu es un bon produits pour faire du biznes. Après ça le déluge …
    Alors qu’il y a temps de réflexion à faire de par la richesse du symbolisme qui se cache dans tes œuvres.

  11. Hyperion dit :

    D’après le récit que vous en faites sur votre blog je rejoins l’avis de plusieurs. Il semble y avoir autre chose derrière ce refus. Ce simple échange, même si il y a un léger quiproquo, et cette seule photographie ne justifient pas une fin de non recevoir, surtout que votre dernier mail est consensuel.

    Une hypothèse est qu’elles auraient découvert seulement votre première série et auraient juger votre travail sur cette seule partie de votre travail. Tout à coup en découvrant votre « après le saut de l’ange » elles se sont peut-être mieux renseignées sur votre cheminement et ont trouvé la seconde série moins consensuelle ou « commerciale ».

    Courage, ne vous laissez pas abattre, je suis régulièrement le travail d’Andrzej Dragan et il se fait régulièrement refuser des travaux par des clients quelquefois horrifiés par ses visions – il les poste par ailleurs sur Facebook afin de laisser ses fans en juger -. Ca ne l’empêche pas de persévérer et de trouver des personnes qui apprécient sa vision du monde.

  12. Matoot dit :

    Je me demande si ces deux femmes n’ont pas été séduites par l’ambiguïté des premières séries de photos qu’elles ont interprétées comme étant une forme de provocation ?

    Bien dans la mouvance de leur époque, ton talent et ta personnalité les ont confortées dans l’idée de se faire les avocates de ta cause, à laquelle d’ailleurs elles devaient croire, en toute bonne foi !

    Mais la vérité leur a fait peur, dans la deuxième série il y a une expression personnelle très différente,… et je pense qu’elles ont ressenti comme un malaise à la lecture de ces nouveaux visages, de ce qu’ils leur transmettaient et qu’elles ne comprenaient pas, ou ne voulaient plus comprendre !

    De là à ne plus vouloir affronter un public susceptible d’entamer des polémiques à ton sujet,
    Il n’y a qu’un pas qu’elles ont franchi d’autant plus rapidement que ta franchise et ta rigueur ne font pas de toi une femme mûre pour une carrière de diplomate….

    Elles ne te méritent pas… tu trouveras d’autres galeries avec lesquelles il y aura osmose et où tu n’auras pas à justifier de quoi que ce soit !!! juste d’être une vraie artiste !

    c’est juste mon avis….

  13. Will dit :

    Bonjour,
    J’aime beaucoup vos travaux, c’est pourquoi je me permets de vous joindre mon humble opinion. Je n’aurai certes pas une prose aussi éloquente que vous et je pense que j’irai droit au but. Appelons un chat, un chat.
    Au dela de votre art, propre a vous les galeristes se « moquent » en partie de l’œuvre d’art. Le fin n’étant tout simplement d’y récupérer de l’argent. Ce sont des commerciaux de l’art. Des oeuvres choquantes ou non, là n’est pas la question. Mais plutôt combien ils peuvent gagner.
    L’art et l’argent? Une grande question ou chacun a sa réponse.
    Mon avis est que l’art est comme le vin, je n’ai pas besoin qu l’on me raconte une histoire pour apprécier une bonne bouteille et la masturbation cérébrale ne rendra pas meilleur le vin. J’ai des sens pour le juger, l’apprécier, et une tête pour savoir combien je suis prêt a mettre pour l’acquérir.
    Ceci n’étant que mon point de vue. Je suis conscient que ce n’est pas l’avis de tout le monde.

    En résumé:
    Option1:Vos photos peuvent se vendre toutes seules, un peu de pub et hop ca part doucement.
    Option2: Passez par le galeriste, et s’il est réellement bon, cela accéléra votre notoriété….

    Bonne création, bonne continuation et je vous réaffirme mes humbles encouragements de petit photographe amateur.

  14. Dominique Capdevielle dit :

    ;})
    Pour ce qui est de votre travail … vous savez que j’apprécie que ce soit avant ou après, nous évoluons tous, enfin, en principe ;})

    Pour ce qui est des qui pro quo … je me souvient particulièrement d’un, avec une chanteuse que j’apprécie particulièrement pour sa voix, que sur le plan humain. Nous étions à l’époque en relation par courriel, l’un de mes mots mit fin aux échanges. Deux ans plus tard, un peu par hasard, je reprenais de ses nouvelles, une rencontre s’en suivit, et le face à face permit de dissiper ce malentendu …

    Dans certains cas, il me semble, j’ai d’autres anecdotes en ce sens, la rencontre physique me semble préférable …

    Mes hommages ;})

  15. Sylvain Romiguier dit :

    D’après le récit que vous en faîtes sur votre blog je rejoins l’avis de Mat. Il semble y avoir autre chose derrière ce refus. Ce simple échange, même si il y a un léger quiproquo, et cette seule photographie ne justifient pas une fin de non recevoir, surtout que votre dernier mail est consensuel.

  16. Fanny Fanny dit :

    Ouch.
    Effectivement elles paraissent vexées.
    A mon avis non pas par le ton de tes réponses mais parce qu’elles ont compris qu’elles n’avaient pas saisi l’essence de ta démarche, malgré leur expérience et leurs jolis mots elle se sont sans dou…te senties très « bêtes ». Et dans les faits elle le sont !
    Je trouve qu’elles auraient du saisir l’opportunité et l’aubaine que tu leur proposais en aceptant d’exposer ton travail dans leur galerie. Car si au départ elles n’étaient pas parties dans la même direction que toi, je trouve ton propos clair et convaincant pour les amener à changer d’opinion. Elles ne saisissent pas l’occasion defaire autre chose que du glamour et du consensuel ! Je dirai donc, passons sans regret… même si pour toi cela doit être une deception car au départ elle semblaient open… comme quoi les mots peuvent laisser paraitre bien des choses inexcates !
    Des baisers Nath !

  17. Anarkia Rock dit :

    Difficile à comprendre cette réaction. Je pense que le but de ton travail n’a pas été vraiment cerné même si tu le leur a bien expliqué. Il est vrai que la dernière photo est plus directe, plus franche, mais ils étaient prévenu d’un renouve…au dans le travail. Ils y perdent au change mais je pense qu’ils désiraient véhiculer une image plus « glamour » qu’ils ne retrouvaient pas dans le nouveau cliché donc ils t’ont envoyé balader. Sauf que c’est difficile de comprendre des gens qui prônent l’amour de l’art et qui pourtant ne veulent que du « glamour et sexy »

  18. Audrey Marin-Pache dit :

    Je pense que tu étais arrivée de toi même à la bonne conclusion…Bien qu’il y ai un changement, on reconnait ton style et ça ne me parait pas plus « choquant » qu’avant. Moins glamour, oui, et encore.
    Bien dommage pour elles…

  19. 501 dit :

    Aouch! on dirait le passage de « guerre et amour » où Diane et Woody se régalent: « objective is subjective, and subjective is objective, etc etc »… mais quelle préciosité de mots!!! Et alors en plus, le « glamour » et le « sexy »… joli mix branchouille, entre laure adler et carla bruni :-)
    Voir de la provocation dans les photos d’une femme de laine, qui enfin, s’emmitoufle dans des étoffes qui sont les siennes…
    tu trouveras mieux ailleurs, c’est tout ce que j’ai à dire!

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